Des recruteurs d’universités américaines étaient réunis samedi à clairefontaine pour observer quelque 80 jeunes joueurs français. Avec la clé, pour les heureux élus, une bourse de 30.000 à 60.000 dollars pour venir faire leurs études aux etats-unis, tout en continuant à jouer au « soccer » au niveau universitaire.

Sur le terrain, ce sont les bleus contre les rouges. Mais dans ces équipes, les joueurs évoluent pour la première fois ensemble. Et il faut s’adapter vite. Ils ont seulement trois ou quatre matches pour taper dans l’œil des recruteurs américains. Parmi cette délégation, Xavier Audergon. Il y a quatre ans, ce Français a intégré l’université de Mobile en Alabama. Aujourd’hui entraîneur adjoint, il est à Clairefontaine pour recruter un gardien. « Aux Etats-Unis, le sport universitaire est une vitrine, explique Xavier, qui a évolué dans des stades bondés durant son passage en Alabama. Le « soccer » est en train de gagner en popularité et aujourd’hui les universités sont prêtes à dépenser des fortunes pour attires les meilleurs. »

D’où le partenariat avec EAA, une agence mandatée par la MLS, la ligue américaine, afin de recruter en France. Pour organiser la journée, elle a travaillé avec une autre agence, Certifoot, spécialisée dans le recrutement des amateurs. Son fondateur, Guillaume Lovergne, s’improvise coach d’une des équipes du jour. C’est lui qui a mené les sélections dans toute la France, alors il connaît bien la plupart des jeunes présents ce samedi. « Je leur dis de se donner à fond ! Si on n’est pas prêts à s’arracher aujourd’hui, ça ne sert à rien. Ils sont à Clairefontaine, sur des supers terrains, des recruteurs, des journalistes ! Le rêve américain a déjà commencé pour eux ! », lance-t-il après deux causeries d’après-match auprès des « verts » son équipe du jour.

ETRE BON FOOTBALLEUR NE SUFFIT PAS

Mady Sissoko est défenseur. A 21 ans, il est passé par plusieurs centres de formation et joue aujourd’hui dans un club de la Premier League U21. Mais percer dans le football n’est pas aisé, alors il rêve de partir étudier aux Etats-Unis. « Ce qui me plaît, c’est que de toute façon, je serais gagnant. Même si je ne passe pas pro, j’aurais au moins un diplôme américain, ce n’est pas rien ! ». Guillaume Campos, lui, est au centre de formation de Montpellier. A 21 ans, sans contrat pro, il s’imagine évoluer dans des stades pleins et de vivre la vie d’étudiant américain. « Des amis à moi sont là-bas, ils m’ont montré les vidéos, il y a une ambiance terrible, même en universitaire, raconte-t-il. Moi j’étais dans l’équipe universitaire de Montpellier. On a joué la finale devant 30 personnes, c’était triste… »

Casquette vissée sur le crâne, Mark Hubbard scrute attentivement le dernier match de la matinée, entre les bleus et les verts. Il est recruteur pour l’université du New Hampshire a conscience que ce principe de sélection est cruel. « C’est vrai que c’est court et ils ont besoin d’un peu de chance avec eux pour sortir du lot, reconnaît-il. Mais on ne s’arrête pas là, on regarde dans leurs clubs leurs performances actuelles, et surtout leurs résultats scolaires ! » Car pour ces universités, être bon footballeur ne suffit pas pour se voir offrir une bourse comprise entre 30.000 et 60.000 dollars (entre 27.000 et 55.000 euros). Il faut aussi pouvoir obtenir un diplôme. Le recrutement ne se limitera donc pas à l’aspect sportif. Après la journée, d’autres tests sont prévus. Cette fois, il s’agira d’évaluer leur anglais et leur niveau scolaire. Le rêve américain, ça se mérite !

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