Passé par Lyon Duchère, Elias Settouf a aujourd’hui 22 ans. Un an après s’être inscrit aux détections FFFUsa, à Craponne et à Blanc-Mesnil, le milieu offensif vit désormais aux Etats-Unis. Finaliste à Clairefontaine, il est à l’University of West Alabama. Il raconte une expérience qui a changé sa vie. Il revient sur ces moments qui lui ont permis de se faire remarquer. Interview

Racontez-nous les souvenirs de la finale de Clairefontaine…

La finale était super bien organisée. On était assigné à une équipe, on a fait plusieurs matches. Il y avait beaucoup de recruteurs, pas mal de coaches qui étaient physiquement présents. Mais, c’était filmé. Les États-Unis sont un très grand pays, avec des centaines d’universitaires. Les coaches qui n’étaient pas présents ont pu regarder le film.

Que s’est-il passé pour vous ?

Mon coach n’était pas présent, mais il m’a vu en vidéo et il m’a bien aimé. J’avais déjà contacté par d’autres universités, mais rien ne me convenait, que ce soit le niveau de foot qui n’était pas intéressant ou la bourse. J’ai patienté, j’ai été contacté un à deux mois après. Le coach m’a envoyé un mail en se présentant. Il a parlé de son université, du fait qu’il a vu mon match à Clairefontaine, que ça lui a plu et qu’il aimerait bien qu’on puisse discuter si ça m’intéresse rejoindre son université. Il m’a vanté les mérites du programme de foot et de la fac.

Quand y êtes-vous allé ?

Fin juillet. La reprise de l’entrainement était le 4 août, mais j’allais dans une zone climatique spéciale. Le coach m’a conseillé d’arriver une semaine avant le début. Il fait très chaud l’été. C’est surtout l’humidité le problème. On n’est pas loin de Floride, donc ce n’est pas la même chaleur qu’en France. 30° en France et 30° en Alabama, ce n’est pas pareil. Ça rend le ressenti plus chaud. Au final, je suis tombé malade la première semaine, car je n’étais pas habitué aux conditions climatiques.

Comment avez-vous vécu le changement de Rhône-Alpes aux États-Unis ?

J’étais un peu habitué, car j’avais connu une expérience à l’étranger, puisque j’avais joué au foot en Angleterre. Ça peut déboussoler ceux qui ne sont jamais partis de chez eux, car ce n’est pas la même langue, la même culture, ni le même climat. Mais on travaille notre capacité d’adaptation. C’est très enrichissant, ça permet une ouverture d’esprit. On rencontre de nouvelles personnes, de nouvelles cultures. En France, on est dans notre petit monde à nous. La Terre est très vaste, il suffit de voyager.

Ça ne vous a donc pas posé de soucis ?

Je suis quelqu’un qui est pas mal aventurier. Je n’ai jamais de problème à entreprendre un projet comme ça. Si je peux dire un point positif majeur, l’aspect sportif ou scolaire est quoiqu’il arrive enrichissant. Mais entre l’apprentissage de l’anglais, le fait d’être bilingue, ce qui a beaucoup de valeur, voyager, s’ouvrir l’esprit, finalement, peu importe comment l’expérience sportive ou scolaire aboutira, ça vaut la peine de le faire. La réussite sportive ou scolaire, ce n’est que du bonus. L’enrichissement personnel vaut le coup d’entreprendre le projet. Après si on devient pro ou qu’on a un diplôme sur quatre ans, c’est encore mieux. Ça vaut le détour.

Pourriez-vous décrire votre vie de sportif sur place ?

Fin juillet, on arrive, on commence à s’intégrer, à aménager son logement. Tout est mis en place avec le coach. Il faut s’installer, prendre ses repères. On peut être déboussolé, dans un nouvel environnement. Les conseils à donner, ce serait de ne pas trop se prendre la tête les premières semaines. Mon défaut, c’est que je me mets un peu trop de pression, je suis ambitieux à vouloir m’entraîner fort dès le début. Mais, avec le recul, ce n’est pas bien. Je recommande de ne pas se prendre la tête, de prendre ses marques, de comprendre la langue, de rencontrer ses coéquipiers, où manger, où sont les vestiaires. Après 2-3 semaines, on attaque les choses sérieuses. Ça reste une pré-saison classique, avec deux entraînements par jour. C’est une intensité élevée, le matin, et l’après-midi. Il faut tenir le rythme. Le mois d’août permet de se faire sa place dans l’équipe. La saison commence fin août-début septembre, puis on a deux matches par semaine. On joue une semaine à domicile, une à l’extérieur. On voyage dans l’Alabama, dans le Nord Floride, la Caroline du Sud, le tout en bus. On va dans les hôtels. Tout est très bien organisé, comme les pros.

Et côté cours ?

C’est un peu chiant (sourires). La première année universitaire sert à mettre à niveau les élèves qui sortent du lycée. Je sors du bac général. Pour étudier quelque chose qui plaît, je dois attendre la 2e année. Là, c’est comme une deuxième terminale, avec des matières comme au lycée, les maths, l’anglais. La reprise des cours mi août, c’est une gifle dans le visage, alors qu’on a des conditions de pro. On passe du matin sur les terrains à être en cours et étudier de l’algèbre (sourires). Mais c’est vraiment bien organisé. Tout est fait pour que les cours n’empiètent pas sur le sport. On a entraînement l’après-midi ou le soir. Quand on a un match à l’extérieur, on part le jeudi, on joue le vendredi, on est en repos le samedi et on rejoue le dimanche, puis on rentre le dimanche soir. La structure scolaire est mise en place de manière à ce que les athlètes puissent concilier les deux.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui arrivent aux États-Unis ?

Ça ne sert à rien de se mettre la pression. Il faut aller aux entraînements, se donner à fond, ne pas avoir peur de rencontrer des gens, se socialiser. Mais aussi aller en cours et passer son année. Il faut profiter de l’expérience. D’abord, il faut que le joueur soit comme une éponge, qu’il absorbe et s’enrichisse, apprendre la langue, physiquement s’adapter et profiter. La 2e saison, c’est plus sérieux, d’autant que le coach le connait.

Un an après avoir participé aux détections FFFUsa, vous êtes heureux.

Je n’ai aucun regret. Si je dois donner un conseil, c’est foncez, inscrivez vous. Sportivement, c’est une super expérience. Il ne faut pas se mettre de pression. J’ai 22 ans, je joue au foot depuis longtemps. Je peux conseiller de ne pas se prendre la tête. Il faut que tout le monde soit ambitieux. Mais, à la détection, il y a plein de jeunes stressés, alors qu’il faut se donner à fond et prendre du plaisir. Ça parait cliché, mais avec le recul, c’est un bon conseil. Donne toi à fond, prends du plaisir et attends. Il faut se lâcher. On n’a qu’une carrière footballistique. Il ne faut pas avoir peur de s’inscrire, ça peut déboucher sur une expérience super intéressante.

Les prochaines détections :

Le 12 novembre : Saint-Etienne

Le 14 novembre : Lens

Le 23 novembre : Montpellier

Le 3 décembre : Metz

D’autres dates seront prévues rapidement.

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